Au Sénégal, les communautés se mobilisent pour lutter contre les violences faites aux filles

L'histoire de Mawa en est une preuve...

A 14 ans, Mawa a été forcée de quitter l’école pour devenir femme de chambre et se marier. Pour lui venir en aide et lutter contre l’exploitation dont sont victimes les jeunes filles, notre partenaire ChildFund a intensifié son action en mettant en place un programme nommé : « l’Éclat d’une Lumière » dans 4 pays dont le Sénégal.

L’objectif de programme est de mener des actions de sensibilisation à l’encontre des violences sexuelles subies par les filles, d’aider les victimes d’abus sexuels mais également d’aider les communautés à développer des systèmes de protection pour leurs enfants. A la maison, à l’école ou dans leurs communautés, les enfants sénégalais et particulièrement les filles sont sujets à ces abus.

Une récente étude a constaté qu’au Sénégal, 74% d’écolières ont été harcelées sexuellement, 22% ont subi une tentative de viol et 8% ont été violées. D’autres études ont montré que les victimes de ces violences connaissaient leur harceleur : un camarade de classe, un petit ami, un voisin ou un professeur.

ChildFund opère à Tattaguine et Kolouckmbada dans la région de  Mbour proposant une  méthode de mobilisation communautaire pour lutter contre les violences faites aux femmes. Constitution des groupes, identification de violences au sein de la communauté, mise en place d’un plan d’action et suivi de celui-ci auant d’étapes pour y parvenir.

De janvier à juin 2014, six groupes de protection de l’enfant composés des membres communautaires ayant subit des violences sexuelles mais aussi d’autres jeunes et d’adultes se sont rencontrés pour discuter des problématiques récurrentes au sein de la communauté et ainsi proposer une méthodologie pour lutter contre ces abus. Les groupes ont concentré leur action sur de la mobilisation communautaire et du plaidoyer en partenariat avec les autorités locales. Les sujets abordés ont été le viol, le mariage et les grossesses précoces.

Mawa raconte : Un jour, vers 20h00, je révisais mes leçons dans la chambre de ma mère,  elle m’a appelé pour me présenter à deux jeunes hommes. Elle m’a dit avec une voix très basse que je devais être très aimable avec un des hommes parce qu’il était venu pour me demander en mariage. Quand je lui ai dit que je ne voulais pas me marier , que j’étais une étudiante et que je souhaitais continuer l’école, elle m’a dit que si je refusais ce mariage, elle ne me  soutiendrait plus.

Sans qu’on lui laisse le choix, Mawa est partie à Dakar pour se marier avec cet inconnu et est devenue femme de chambre.

Quand le groupe de jeunes de son village a appris sa situation, ils ont soumi son cas au groupe de protection de l’enfant nouvellement formé. Le groupe a alors rencontré la mère de Mawa pour la convaincre de faire revenir sa fille et lui expliquer, pourquoi Mawa n’était pas en âge de se marier et que ses droits n’étaient pas respectés. Mawa ne savait absolument pas que ces jeunes se mobilisaient pour elle.

Un dimanche, sa mère l’a appelé et lui a demandé de revenir au village pour reprendre ses études. C’est alors qu’elle a appris que cela avait été possible grâce au comité de protection de l’enfant de son village. Les cas comme Mawa ne sont pas rares au Sénégal et c’est pourquoi les comités de protection de l’enfant sont si importants. Pour intensifier ce travail essentiel,  notre partenaire continuera de soutenir ces groupes de protection de l’enfant au travers de son nouveau plan d’action communautaire.

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