Sénégal: le biogaz pour une énergie alternative

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Le biogaz pour une énergie alternative à la déforestation du pays

Sénégal

Au Sénégal,  dans les zones rurales, les habitants dépendent principalement des ressources naturelles pour se fournir quotidiennement en énergie, telles que :

  • le bois
  • les résidus agricoles
  • le fumier sec
  • le charbon de bois.

La source d’énergie que ces combustibles fournissent aux habitants leur est vitale puisqu’elle sert principalement à la préparation des repas.

Or, cette très grande dépendance envers la biomasse végétale a de nombreux effets néfastes sur l’environnement local :

  • déforestation,
  • diminution de la fertilité des sols, etc.) et mondial (changement climatique).
    En effet, les espèces ligneuses de la région s’épuisent et le phénomène de déforestation, ajouté aux feux de brousse, conduit à la dégradation progressive de l’écosystème tropical qui évolue alors vers un écosystème de type sahélien.

La santé des ménages est également fortement fragilisée par l’utilisation de la biomasse végétale.
Les polluants gazeux dégagés par la combustion du bois et du charbon que sont :

  • le monoxyde de carbone,
  • le dioxyde de souffre,
  • les oxydes d’azote,
  • les carbures d’hydrogène, etc.

peuvent entraîner ;

  • des bronchites chroniques,
  • des cancers pulmonaires,
  • des maladies cardiovasculaires et oculaires chez les utilisateurs.

Les conditions de vie des femmes et des enfants sont alors particulièrement difficiles, dues notamment à la collecte de la biomasse, mais aussi du danger qu’ils encourent pour leur santé.
En effet, ce sont eux qui sont chargés d’accomplir cette tâche chronophage et épuisante. Les femmes n’ont donc pas suffisamment de temps pour contribuer aux revenus de la famille.
Elles ne peuvent pas cultiver leurs propres champs, aider leur mari pour les activités agricoles ou avoir une autre activité génératrice de revenus et même s’occuper des enfants.Les enfants quant à eux vont rarement à l’école.

Des solutions doivent donc être apportées afin de permettre de libérer les femmes et les enfants des corvées, réduire les risques de maladies, augmenter les revenus, et ainsi améliorer les conditions de vie des ménages.

L’installation de bio-digesteurs dans les zones rurales de la ville de Mbour constituerait donc une opportunité pour la population.
Cette nouvelle offre énergétique serait adaptée au contexte local et à la portée des bénéficiaires du projet et permettrait de préserver l’environnement.

Notre partenaire ChildFund Sénégal propose donc ce projet de production de biogaz, en collaboration avec la fédération FEL YOOK, à travers la valorisation des déchets d’animaux.

Notre projet : Construire des biodigesteurs pour 25 familles de la ville de Mbour et diversifier les sources d’énergie

Childfund Senegal

Le projet ciblera 25 ménages aux alentours de la ville de Mbour. Ces ménages seront composés de 10 personnes en moyenne.
Le projet touchera donc 250 bénéficiaires.

Les ménages seront sélectionnés dans les 9 zones de parrainage de ChildFund Sénégal  soit dans 73 villages.
Ceux-ci seront sélectionnés selon plusieurs critères :

  • habiter en zone rurale,
  • posséder au minimum 6 vaches,
  • montrer un fort intérêt pour le projet
  • accepter d’assurer le bon fonctionnement des bio-digesteurs après la fin du projet.

Les femmes et les enfants seront les principaux bénéficiaires du projet puisque ce sont généralement eux les responsables des corvées de recherche de bois mort et de cuisson des repas à partir de cette biomasse végétale.

Les bénéfices du biogaz et des bio-digesteurs

Sénégal

La production de biogaz permet de :

  • produire de l’énergie pour couvrir les besoins domestiques : éclairage et cuisson des aliments,
  • maîtriser les émissions de méthane issues de la fermentation en plein air des déjections animales,
  • réduire les fumées de bois respirées dans les cuisines, et diminuer ainsi les risques d’infections respiratoires et oculaires.

Les bio-digesteurs feront entre 8 et 10 m3 en fonction de la taille des foyers et permettront de produire environ 2m3 de gaz par jour.
Les ménages devront eux-mêmes approvisionner le bio-digesteur en excréments frais et en eau afin d’assurer une production de gaz quotidienne.
Le ratio est de 1kg d’excréments frais pour 1litre d’eau afin que la 1ère étape de la bio-méthanisation se fasse normalement.

Pour un bio-digesteur de 8m3, 40kg de déjections animales et 40 litres d’eau seront nécessaires pour répondre aux besoins énergétiques journaliers d’un ménage de 10 personnes en moyenne.

Les ressources en matières fécales animales seront disponibles puisque les ménages auront été sélectionnés en fonction notamment du nombre de bovins qu’ils possèdent.
Les bénéficiaires pourront s’approvisionner en eau aux puits et points d’eau disponibles dans leur village.
Si le bénéficiaire respecte les normes de chargement de son bio-digesteur (de 8m3), celui-ci peut produire jusqu’à 40 tonnes d’engrais organiques par an.

Les bénéficiaires seront également formés à l’utilisation de l’engrais pour leurs propres cultures ainsi qu’à la vente sur les marchés locaux.

La mise en oeuvre des constructions de bio-digesteurs

Sénégal

Information et sensibilisation auprès des autorités locales, choix des localités bénéficiaires

Cette première activité consistera à organiser et animer des réunions à l’intention des autorités locales concernées afin de présenter le projet et de les informer de sa mise en place. Les réunions seront aussi l’occasion de choisir les localités qui seront bénéficiaires du projet.

Sensibilisation des populations bénéficiaires

La population sera sensibilisée à l’intérêt du projet à travers 5 foras communautaires. Les foras auront aussi pour objectif d’impliquer les villageois dans le projet dans un souci de pérennisation des actions menées. Les bénéficiaires sélectionnés participeront à 5 autres réunions.

Mise en place des comités locaux de gestion des bio-digesteurs

Il s’agira ici de constituer des comités locaux de gestion correspondant aux nombres de villages ciblés par le projet. Ces comités locaux de gestion participeront à la mise en œuvre du projet et seront chargés du suivi de l’utilisation des installations avec les bénéficiaires. Ils seront composés de parents dont les enfants sont parrainés, de représentants des associations d’élevage, de mobilisateur communautaire et des parents bénéficiaires.

Renforcement des capacités locales

Les membres des comités de gestion créés dans l’activité précédente seront formés à la gestion des bio-digesteurs.
Ceux-ci seront aussi informés de leurs rôles et responsabilités.

Cette quatrième activité sera également consacrée à la formation des ménages sélectionnés afin de leur transmettre toutes les informations nécessaires à la gestion de l’installation des bio-digesteurs, à l’utilisation du biogaz et aux risques des bio-digesteurs (incendie par exemple).

Ces formations dureront deux jours et pourront accueillir de 20 à 25 personnes et seront menées par la Fédération de Mbour en collaboration avec le technicien et l’entreprise de construction.

Construction de 25 bio-digesteurs

Les bio-digesteurs seront construits dans cette cinquième activité par les Entreprises de Construction de Bio-digesteurs (ECB) ou par des maçons agrées par le Programme National du Biogaz (PNB).
Ces bio-digesteurs à dôme fixe ont été étudiés pour être suffisamment étanches et ainsi ne pas risquer la fuite de gaz et donc une perte d’énergie pour les ménages.
Les matériaux utilisés (sable, gravier, calcaire ou encore grès) auront l’avantage d’être disponibles localement.
Les bénéficiaires prendront part aux installations soit en participant aux travaux notamment pour creuser la fosse, soit en fournissant une partie des matériaux, comme du sable et de l’eau.
Les bio-digesteurs devront être installés à une distance ne dépassant pas 20m des habitations.

Une fois l’installation faite, les ménages devront attendre 35 à 40 jours avant de pouvoir bénéficier de l’énergie produite.
Selon les cas, il est toutefois probable qu’après deux semaines de lancement du bio-digesteur, du gaz commence à être disponible.
Les bio-digesteurs seront de type enterrés, permettant ainsi une bonne stabilité de la température.
En effet, les variations de températures sont un élément très important à prendre en compte, car elles peuvent affecter irréversiblement la quantité de micro-organismes de la méthanisation.

Organisation de séances de sensibilisation sur la préservation de l’environnement

Des rencontres communautaires et mobilisations sociales auront lieu après l’installation des bio-digesteurs afin de sensibiliser la population à l’utilisation néfaste de la biomasse végétale pour l’environnement.

Les résultats : 250 personnes ont accès à une source d’énergie propre et durable quotidiennement

  • La diminution de la consommation de la biomasse
  • L’appropriation du dispositif par les utilisateurs
  • L’appropriation du dispositif par les comités de gestion
  • La diminution des maladies respiratoires

Merci à la Fondation Veolia pour son soutien financier de 15 000€

Veolia

Les partenaires opérationnels du projet

Notre partenaire ChildFund Sénégal sera chargé de la mise en oeuvre de ce projet et de sa coordination. Il travaillera étroitement avec les autorités locales et les communautés de la zone.

Présent depuis 1985 auprès d’enfants et de familles vulnérables. Il intervient dans 4 régions et 10 départements du pays et touche 3 500 000 personnes environ.

Plus de 25 000 enfants sont parrainés.

CFS suivra le déploiement du projet en lien avec la fédération Fel Yook de Mbour, son partenaire local, qui mettra en place les activités.

Pour renforcer son expertise technique, notre partenaire s’appuiera sur l’ ONG Heifer International , une association humanitaire active depuis 1946 dans l’aide au développement agricole et l’aide à la lutte contre la faim et la pauvreté grâce à l’élevage. Elle est présente au Sénégal depuis 2007.
Cette ONG sera spécifiquement consultée pour des échanges d’expérience sur la mise en place de ce nouveau projet.

Ce projet s’inscrit dans le cadre du Programme National de Biogaz Sénégal (PNB Sénégal) mis en place depuis 2009 par le Ministère de l’Energie Sénégalais, qui vise à inciter les ménages ruraux du Sénégal à l’utilisation du biogaz domestique comme combustible de substitution à l’utilisation du bois et du charbon qui sont une des causes de déforestation dans le pays.

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