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Madagascar : donnez pour la lutte contre les mariages d’enfants

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Un enjeu majeur pour l’égalité et l’émancipation des femmes

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Alors que l’État malgache s’est engagé dès 1991 en faveur de la protection des enfants en signant la Convention Internationale des Droits de l’Enfant (CIDE), cet engagement reste encore peu visible dans la vie quotidienne des enfants. En plus d’un cadre institutionnel peu efficient, la protection de l’enfance se heurte en effet à de nombreux obstacles socioculturels, économiques, éducatifs, mais aussi juridiques.

L’une des violations des droits de l’enfant les plus alarmantes à l’échelle du pays concerne les mariages d’enfants. Quand bien même la loi malgache interdit depuis 2007 le mariage avant l’âge de 18 ans, dans les faits, aujourd’hui, c’est encore le cas pour 40% des jeunes filles.

Madagascar fait ainsi partie des 20 pays enregistrant les taux les plus élevés de mariage d’enfants. Ce fléau n’épargne pas les enfants de la région de Sofia, dans le Nord-Ouest de Madagascar, où Un Enfant par la Main a ouvert en 2022, le programme de parrainage intitulé MITSIRY, (qui signifie « grandir » en malgache).
Cette région enregistre d’ailleurs des proportions de mariage d’enfants particulièrement élevées à l’échelon national : près d’une fille sur deux ayant entre 20 et 24 ans déclare avoir été mariée avant ses 18 ans, souvent entre 12 et 15 ans.

À Morafeno, les jeunes filles sont encore trop souvent des filles-épouses ou filles-mères

protéger jeunes filles

En quête d’un revenu à tout prix, les parents les plus défavorisés de la commune de Morafeno sont incités à marier leurs filles bien avant leurs 18 ans, car elles sont considérées comme un fardeau économique pour leur foyer, et ainsi le mariage représente une solution pour amoindrir les charges de leurs familiales ; ou au contraire, elles représentent pour leurs familles un moyen d’obtenir une source de revenus en échange de la dot.

Le mariage d’enfants revêt également des enjeux de cohésion sociale et de respect de coutumes. Il s’agit en effet d’une pratique traditionnelle, qui non seulement est tolérée, mais qui est surtout valorisée par de nombreuses familles de Morafeno.

Selon la tradition, la puberté des jeunes filles est en effet le critère essentiel pour être mariées, et dans un souci de préservation et de continuité de la lignée familiale, il est important de se marier dès le plus jeune âge.

La communauté de Morafeno étant très sensible au poids de la coutume, cette pratique pourtant contraire aux droits de l’enfant est entièrement acceptée dans le cadre du tissu social et très peu remise en cause. Des pressions peuvent même s’exercer sur les familles pour qu’elles l’appliquent sous prétexte de honte et de perte d’honneur.

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Notre projet : faire évoluer les pratiques concernant le mariage d’enfants à Morafeno

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Un Enfant par la Main souhaite promouvoir un changement social et culturel à Morafeno, afin que les communautés adoptent des comportements qui repoussent les mariages d’enfants, retardent la sexualité des jeunes et diminuent les grossesses précoces.

Pour permettre un changement profond, ce projet prévoit d’associer différents secteurs (santé, éducation et état civil) et acteurs (société civile, leaders communautaires, autorités locales, parents et bien sûr enfants) afin de créer de manière durable un environnement sûr et protecteur pour les jeunes de Morafeno.

D’une durée d’1an et ½ à compter de juin 2023, ce projet vise 3 objectifs :

1. Les communautés condamnent le mariage d’enfants et soutiennent les actions engagées

  • Une évaluation initiale sera réalisée à Morafeno avec des experts pour confirmer les causes profondes pré-identifiées et garantir la construction d’un projet pertinent ;
  • Des groupes de parole seront créés au sein de la société civile ;
  • Une campagne de sensibilisation sera organisée au sein de chaque village afin d’informer sur les impacts de la pratique du mariage d’enfant ;
  • Les capacités économiques des familles les plus défavorisées seront développées à travers des activités génératrices de revenus.

2. Les enfants disposent de meilleures connaissances sur les effets négatifs des mariages d’enfants, ainsi que des connaissances et des compétences leur permettant de revendiquer leur droit à la santé sexuelle et reproductive

  • Un tournoi de danse entre jeunes sera organisé et accompagné de sensibilisation en santé sexuelle et reproductive ;
  • Des ateliers de développement de la confiance et de l’estime de soi seront mis en place pour les jeunes filles ;
  • Les associations de jeunes seront sensibilisées à leurs droits.

3. Les services sociaux (éducation, santé, état civil) sont renforcés dans leurs capacités à protéger les enfants du mariage, de la sexualité précoce et des grossesses précoces.

  • Les jeunes seront soutenus pour être maintenus ou réinsérés dans le système scolaire ;
  • Deux centres de santé de base seront réhabilités et équipés pour améliorer la prise en charge et le suivi médicale des jeunes filles enceintes ou des jeunes mères ;
  • Des enfants sans acte de naissance seront accompagnés jusqu’à l’obtention de leur certificat de naissance.

Résultats : Protéger les enfants des mariages précoces

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  • Les tabous autour du mariage d’enfants, de la sexualité précoce et des grossesses précoces sont levés, et les familles sont encouragées à avoir des conversations ouvertes sur ces sujets sensibles ;
  • Les acteurs clés du programme (jeunes, parents, société civile, leaders communautaires, autorités locales) sont sensibilisés aux conséquences du mariage des enfants et s’y opposent ;
  • Les familles les plus défavorisées ont renforcé leurs capacités économiques et sont davantage en mesure de protéger leurs enfants du mariage ;
  • Les jeunes ont renforcé leurs connaissances en matière de santé sexuelle et reproductive, et plus spécifiquement les jeunes filles qui ont les connaissances nécessaires pour gérer avec succès leur santé féminine ;
  • Les jeunes ont une meilleure connaissance de leurs droits et sont davantage en capacité de les revendiquer ;
  • Les abandons scolaires des jeunes filles en cycle secondaire sont en baisse, et le nombre de grossesses précoces au sein de la commune l’est également.